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Genève

4 scénarios pour décrire la Genève de demain

Savoir avec certitude comment le territoire genevois aura évolué d’ici 2050 est impossible. Mais une réflexion a été menée pour imaginer des scénarios et identifier les variables importantes qui permettront d’atteindre la neutralité.

Quelles sont les évolutions de nos cadres et modes de vie qui s’imposent pour réussir à relever le pari de la neutralité carbone en 2050 ?

L’État de Genève a fait appel au Centre Interdisciplinaire de la Durabilité (CID) de l’université de Lausanne pour répondre à ces questions.

Avec un panel d’experts, le CID a imaginé 4 scénarios différents qui démontrent qu’améliorer l’existant n’est pas suffisant pour atteindre la neutralité carbone. Il est nécessaire de revoir en profondeur nos modes de vie. Ces scénarios proposent différents modèles pour mieux comprendre ce qu’implique la neutralité carbone. Ils peuvent nourrir une réflexion sur les virages que le Canton doit prendre aujourd’hui pour atteindre la neutralité en 2050 et identifier les leviers pour y parvenir.

4 scénarios pour décrire la Genève de demain

Les scénarios sont regroupés en deux familles. L’une comporte deux scénarios de continuité et l’autre deux scénarios de rupture.

Le premier scénario de continuité (Tendance) consiste à simplement maintenir les mesures qui sont en place aujourd’hui. Avec ce scénario, la neutralité n’est pas atteinte en 2050 et la diminution des émissions de gaz à effet de serre (GES) n’est que de 4 %. Il est donc nécessaire de mettre en place d’autres mesures pour atteindre la neutralité.

Le second scénario de continuité (Ambitieux) intensifie les mesures actuelles. Même si ce deuxième scénario permet une réduction importante des émissions (diminution de 44 % des GES), il n’est pas suffisant pour atteindre la neutralité en 2050.

Les deux scénarios de rupture sont basés sur une approche contraire : partant du postulat que la neutralité est atteinte en 2050, ils tentent de décrire ce que cela signifierait pour nos modes de vies. Le premier scénario de rupture (Rayonnement) prend place dans un contexte favorable (forte cohésion mondiale pour le développement durable) et la neutralité carbone est un objectif prépondérant. Le deuxième scénario (Résilience) décrit un contexte mondial tendu, où la neutralité carbone est un moyen pour renforcer l’autonomie territoriale pour des raisons de sécurité.

Cette étude met en lumière le grand défi de la transition et son chemin exigeant pour mener à la neutralité. Les scénarios de continuité montrent que les trajectoires actuelles ne mènent pas à la neutralité, et qu’il faut non seulement intensifier les mesures mais aussi véritablement repenser le fonctionnement de nos sociétés. L’État a un rôle important à jouer : il doit être un moteur pour entrainer avec lui l’ensemble des actrices et acteurs du territoire.

Les deux scénarios de rupture révèlent qu’il est nécessaire de remettre en question nos besoins en biens et en énergie. C’est dans ce sens que le Canton a mis en place une révision de son Plan Climat Cantonal qui vise la neutralité en 2050. Pour finir, la transition vers une société moins carbonée et plus résiliente sera possible qu’avec l’adhésion et l’engagement de toutes et tous.

Soyons heureux avec l’essentiel, que ce soit dans nos modes de déplacement, dans notre alimentation ou notre consommation.

Pour aller plus loin :

Etude exploratoire «Neutralité carbone» à Genève en 2050 | ge.ch

Photo : ©ykaiavu / Pixabay